Après des années de frustration croissante face aux utilisateurs imprudents de jet-skis et aux exploitants de motomarines le long du front de mer de Toronto, la ville passe à l’action avec un plan.
À partir d’avril 2026, la mairie va mettre en œuvre un nouveau plan de sécurité pour les motomarines, conçu pour redonner le bord de mer aux nageurs et aux pagayeurs tout en excluant de fait les « mauvais acteurs » des infrastructures municipales.
Même si une interdiction totale de ces engins à l’échelle de la ville n’est pas encore prévue, les nouvelles restrictions sur les quais et les sites de mise à l’eau appartenant à la ville représentent un resserrement significatif de l’étau pour les amateurs de jet-ski et les loueurs.
Selon le plan qui doit être examiné par le comité exécutif de la maire Olivia Chow, la ville s’associe à PortsToronto pour établir des zones d’exclusion des embarcations motorisées (MWEZ). Ces zones interdiront les jet-skis et les bateaux à moteur dans un rayon de 150 à 200 mètres du rivage à Hanlan’s Point Beach, Humber Bay Shores et Woodbine Beach.
D’ici 2027, la ville prévoit d’étendre ces zones interdites au parc Marie Curtis, au parc Humber Bay et au parc Bluffer’s Beach. Pour les utilisateurs de jet-skis, ça veut dire que les principaux points d’accès qu’ils utilisaient autrefois pour mettre à l’eau ou accoster deviennent légalement interdits.
Application
Le principal catalyseur de cette répression concerne la sécurité et le commerce illégal. La police de Toronto et les agents chargés de l’application des règlements municipaux ont signalé une recrudescence des sociétés de location sans licence opérant directement depuis les quais et les plages de la ville.
Les équipes chargées de l’application de la loi ont été autorisées à infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars pour toute activité commerciale non autorisée sur les terrains municipaux. Le plan actuel de la ville prévoit également une application plus stricte des règlements municipaux, avec des patrouilles de police renforcées pour contrôler la vitesse et la « compétence » (preuve du permis), le verrouillage des infrastructures par l’installation de panneaux et de barrières physiques pour empêcher l’échouage des jet-skis à des fins de location, ainsi que des contrôles des baux, où les clubs nautiques opérant sur les terrains municipaux seront examinés pour s’assurer qu’ils ne sous-louent pas d’espace à des flottes commerciales de jet-skis.
La levée de boucliers
Tout le monde ne s’en réjouit pas. Les propriétaires de sociétés de location respectueuses des règles de sécurité font valoir qu’une répression généralisée pénalise les entreprises légitimes.
Malheureusement pour eux, avec la saison estivale 2026 qui approche à grands pas, trouver un endroit où se mettre légalement à l’eau à Toronto va devenir bien plus difficile.
Le comité exécutif votera sur la version finale du plan de sécurité pour les motomarines plus tard ce mois-ci. S’il est adopté, les nouvelles zones d’exclusion et les restrictions d’amarrage entreront pleinement en vigueur d’ici le long week-end de mai.