La ville souterraine de Toronto est née d’une nécessité. Face à des étés humides et des hivers rigoureux, les promoteurs ont créé un réseau climatisé sous la ville, permettant aux gens de se déplacer d’un bâtiment à l’autre, de travailler, de faire du shopping et de manger sans avoir à affronter les intempéries.
Tout a commencé en 1900 avec un tunnel sous la rue James qui reliait deux sections du grand magasin Eaton’s. Plus d’un siècle plus tard, ce passage d’origine fait toujours partie du réseau. Ce qui n’était au départ qu’une solution pratique s’est transformé en l’un des espaces cachés les plus remarquables de Toronto.
Le réseau s’est rapidement étendu dans les années 1960 et 1970, à mesure que des tours de bureaux, des galeries marchandes, des restaurants et des services se reliaient sous le niveau de la rue, formant peu à peu une deuxième ville sous Toronto. Aujourd’hui, le réseau s’étend sur une grande partie du centre-ville de Toronto, reliant la gare Union, le quartier financier, les centres commerciaux, les hôtels, les tours de bureaux et les pôles de transport.
Se repérer dans la ville souterraine de Toronto est plus facile qu’il n’y paraît grâce à son système de signalisation par code couleur. Partout dans le réseau, les panneaux bleus indiquent le nord, les jaunes l’est, les rouges le sud et les orange l’ouest. Une fois que tu as mémorisé les couleurs, te repérer dans ce dédale de couloirs devient étonnamment intuitif.
Ce qui rend la ville souterraine de Toronto si remarquable, ce n’est pas seulement sa taille, mais tout ce qu’elle renferme. Au-delà de son rôle de réseau piétonnier, c’est un véritable centre urbain animé où les gens peuvent faire du shopping, manger, travailler et accéder aux services du quotidien sans mettre le nez dehors.
La ville cachée
Des boutiques haut de gamme côtoient des enseignes connues, tandis que les aires de restauration se remplissent d’employés de bureau à l’heure du déjeuner. Banques, cabinets médicaux, services professionnels et œuvres d’art publiques contribuent tous à créer un espace qui ressemble moins à un simple passage qu’à un véritable quartier vivant de la ville.
C’est en hiver que le réseau souterrain prend toute sa dimension. Alors que les températures glaciales et le vent glacial rendent les déplacements en extérieur désagréables, des milliers de personnes empruntent ces couloirs chauffés qui relient bureaux, magasins, restaurants et transports en commun.
Pendant une grande partie de l’année, les employés du centre-ville comptent quotidiennement sur ce réseau. Les habitués connaissent les itinéraires les plus rapides, les meilleurs endroits pour déjeuner et les passages secrets entre les bâtiments. Surnommés affectueusement « mole people » par certains Torontois, ils maîtrisent parfaitement la vie dans cette ville sous la ville.
Pour ceux qui le découvrent pour la première fois, le réseau souterrain peut ressembler à un labyrinthe. Le réseau est vaste, les couloirs se ressemblent souvent, et se perdre est presque inévitable. Mais ça fait partie de l’expérience. Se promener dans les tunnels mène souvent à des découvertes inattendues, qu’il s’agisse de boutiques cachées, de restaurants locaux ou de liaisons dont tu ignorais l’existence.
Les habitués s’y repèrent facilement, et les nouveaux venus apprennent vite une règle tacite : en cas de doute, suis les gens qui ont l’air de savoir où ils vont. Très vite, la logique du réseau commence à se révéler.
Des cartes interactives sont disponibles pour ceux qui ont besoin d’aide, mais la meilleure façon de découvrir le réseau souterrain, c’est tout simplement de l’explorer. Suis un couloir et vois où il te mène. La plupart du temps, tu déboucheras sur une station de métro, une tour de bureaux, une galerie marchande, un espace public ou une œuvre d’art inattendue.
Ce qui semble d’abord déroutant révèle peu à peu une conception étonnamment logique. Sous les rues de Toronto se cache un réseau de 30 kilomètres façonné par plus d’un siècle de développement— un lieu où l’histoire côtoie le confort moderne et où une réponse pratique au climat de la ville est devenue l’un de ses espaces cachés les plus fascinants.
Ce qu’il faut savoir
- Qu’est-ce que c’est ? Le plus grand complexe commercial souterrain piétonnierdu monde . 30 kilomètres de tunnels, de passerelles et de galeries marchandes interconnectés. Plus de 1 200 magasins, restaurants et services. Environ 4 millions de pieds carrés (371 000 mètres carrés) d’espace commercial. Relie plus de 75 bâtiments à travers le centre-ville de Toronto. Ouvert toute l’année, climatisé
- Système de navigation : Système de signalisationpar code couleur : les panneaux bleus indiquent le nord, les jaunes l’est, les rouges le sud et les orange l’ouest. Carte interactive en ligne sur pathmap.to
- Services et équipements : servicesbancaires , cabinets médicaux, services juridiques, pharmacies et salles de sport (yoga et Pilates). Le réseau donne aussi accès à toute une gamme d’équipements de loisirs et de bien-être
- Art et culture : On trouve des œuvres d’artpublic un peu partout dans le réseau, ce qui ajoute une touche créative aux couloirs souterrains.
- Avantage climatique : température régulée toute l’année. En été : évite la chaleur et l’humidité de Toronto. En hiver : évite le froid dangereux et le vent glacial. Parfait pour les journées humides de juillet et celles de janvier où il fait moins vingt degrés